L'arrêté de péril

C'est fait, l'arrêté de péril est publié avec quelques mots chocs disant exactement "Arrêté de péril grave et imminent pour la sécurité du voisinage". Tellement grave que l'on ne sait pas pourquoi il a fallu à la mairie de Bagnère de Luchon tant de temps pour se décider.

Ce péril est tellement grave et imminent que l'on se demande comment un de ceux qui l'ont initié installe son transat pour la sieste juste en dessous du danger et il est très intéressant d'examiner le rapport de l'expert qui, selon un spécialiste qui connaît ces affaire, souffrirait de quelques lacunes et aberrations et pourrait être suspecté de partialité mais ne soyons pas mauvaise langue. Lol !

Remarquons tout d'abord que l'expert judiciaire en question habite notre bonne ville sur les allées d'Etigny tout près de la mairie et que c'est peut-être  pour cela qu'il a été choisi ce qui me fait me demander comment le Tribunal Administratif, ne soupçonnant jamais les possibles conflits d'intérêt, a bien pu choisir cet homme de l'art en particulier. La question pour le moment ne se pose pas mais on y viendra.

Oui, on y viendra. ;-)

Nous avons vu dans un autre article que l'expert ne trouve rien à redire sur la maison principale mais constate que la toiture de la grange est en mauvais état (en fait elle est très ancienne) et que "les tuiles s'envolent" et c'est ce terme qui sera repris sur l'arrêté de péril que vous allez lire en fin de cet article.

Sauf qu'il ne s'agit pas de tuiles mais d'ardoises (mais ne chipotons pas) et surtout que l'expert n'a pas constaté que ces dernières "s'envolent et chutent dans les propriétés voisines" et c'est de cette phrase dont s'est servie la mairie pour décréter son arrêté de grave péril imminent.

Tout au plus, quelques ardoises ont "glissé" au pied du mur de séparation de la propriété voisine (celle du délateur) et l'expert les a pris en photo qui nous montrent qu'il n'y en a pas tant que ça.

En lisant le texte, on pourrait penser que toute les ardoises de ce toit s'envolent alors que le problème est bien identifié et que c'est le bord de ce toit qui est en cause.

D'ailleurs, la mairie a fait mettre des barrières de sécurité en dessous de l'opprobre et pas de l'autre côté de la maison ce qui veut dire que ce n'est pas toute la couverture qui est concernée mais juste un point identifié et on se demande pourquoi l'expert ne le signale pas dans son rapport.

Autre oubli, parfaitement informé lui aussi que la toiture de cette grange allait être déposée dans son intégralité dès l'obtention du permis de démolir, il n'en parle pas dans son rapport et comme moi devrait trouver stupide d'édicter un arrêté de péril pour quelque chose qui va disparaître très rapidement.

La mairie, elle, ignorant encore superbement le fait que cette toiture va être démolie (elle a la demande dans ses bureaux) persiste dans l'article deux en déclarant que "le maire pourra alors engager la procédure de péril ordinaire conformément à l'article L511-2 du code de la construction. Engager cette phase est nécessaire afin que tous les travaux permettant de lever définitivement tout péril soient exécutés."

Autrement dit, engager une procédure de péril ordinaire pour quelque chose qui n'existera plus dès que le permis de démolir sera accordé.

A ce propos, nous pourrions penser qu'un maire soucieux de la santé et de la sécurité de ses administrés ferait tout ce qui est en son pouvoir pour faciliter administrativement les démarches.

Et bien là, je viens de recevoir une lettre AR de la mairie de Luchon qui m'avise, puisque ma maison est située dans le périmètre protégé et qu'elle a besoin de l'examen de l'architecte des bâtiments de France que le délais de deux mois pour l'obtention du permis de démolir qu'elle m'a annoncé serait de trois mois minimum.

Comme mon voisin qui se dore au soleil sur un transat au pied d'un mur qu'il dit s'écrouler, Monsieur le Maire de Luchon Eric Azémar ayant entre les mains le rapport d'un expert judiciaire mandaté par lui qui raconte que la toiture d'une grange est en mauvais état dont les ardoises risquent de décapiter les voisins n'est pas capable d'appeler l'architecte des bâtiments de France au téléphone  pour lui demander si nous ne pourrions pas accélérer une procédure de démolition urgente pour le bien de la communauté.

C'est à se demander, dans le contexte de cette histoire, si la mairie tient tant que cela à résoudre ces problèmes "mettant gravement en péril" la vie de ses administrés.

Il y a quelques semaines, cette mairie voulait démolir ma maison et aujourd'hui, elle m'empêche de le faire. il faudrait savoir ce qu'elle veut.

Je me demande si dans son entourage, il n'y aurait pas toujours quelqu'un qui a décidé de me faire chi**.

Ci-dessous, l'arrêté de péril grave et imminent. Si le document ne s'affiche pas, cliquez ici

"Au bal des menteurs ni les uns ni les autres ne vont avoir froid aux pieds." Lao Tsé Kung